Vers le retour des farines animales?

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Il est de plus en plus question, dans les milieux européens, de réintroduire les farines de viande des non ruminants dans l’alimentation des porcs et volailles. Qu’en penser?

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Rappelez-vous : c’est en 1996 (et l’on sait aujourd’hui que les autorités britanniques le savaient depuis 1986) qu’éclatait la crise dite de la vache folle. La Grande Bretagne fut la plus touchée par celle-ci : plusieurs centaines de consommateurs en furent victimes et des centaines de milliers de têtes de bétail atteintes.

Ce n’était pas tant les farines animales en tant que telles qui en étaient responsables (même si l’on peut se demander s’il était bien normal de faire des ruminants des carnivores…) mais davantage  les procédés  technologiques utilisés. Pour des raisons bassement économiques, les barêmes de température et de pression furent abaissés (économies d’énergie obligent…) et cela donna naissance aux fameux prions pour faire bref.

Aujourd’hui près de 16 années plus tard, il est question d’une réintroduction partielle. En Europe, la production de protéines destinées à l’alimentation animale est beaucoup trop faible et nous recourons à l’importation. Outre l’impact économique, cette situation pose aussi le problème des OGM puisque 80% des protéines végétales produites dans le monde en sont issues. La réflexion mérite donc d’être menée.

Réintroduire les farines animales à certaines conditions peut donc se comprendre dans une certaine mesure. Mais comment contrôler l’origine de ces farines, s’assurer qu’elles ne proviennent pas de ruminants, empêcher le cannibalisme (pas de farines issues de porcs dans l’alimentation des porcs), s’assurer qu’elles ne seront pas données à un ruminant, etc.

La Belgique soutient la proposition européenne…à la condition que les principes évoqués ci-dessus puissent être controlés. Or actuellement, aucune méthode d’analyse validée permettant d’identifier l’espèce animale dont les protéines sont issues n’existe. Et ce constat est également partagé par l’Agence française de sécurité sanitaire.

Vous le voyez : on est encore bien loin du compte avant une éventuelle autorisation que la Commission européenne aurait souhaitée pour le 01 juillet prochain.

Plus globalement, j’estime qu’une réflexion approfondie devrait, en même temps, être entreprise : quelle agriculture et quel élevage européens voulons- nous pour demain? A l’heure de la discussion de l’avenir de la PAC (Politique Agricole Commune), ce thème me paraît fondamental. Et en attendant, l’une des mesures essentielles de protection de notre santé doit être maintenue : l’interdiction de commercialisation des MRS : Matériaux à Risque Specifique (colonne vertébrale, moelle, cervelle, etc.).

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« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

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