La France surtaxe les boisons sucrées.

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Dans le cadre d’un plan de rigueur financière, la France a décidé de surtaxer les boissons sucrées. Une fausse bonne idée?

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Une fois n’est pas coutume, vous me permettrez de vous proposer un petit billet d’humeur…

« C’est la crise »…que de fois n’entendons-nous pas ce discours ces derniers mois. Crise financière, crise économique, crise sociale…autant de titres qui font la Une de nos quotidiens. Que nous soyons en Belgique, en France, en Espagne ou en Italie, c’est la même rengaine. Et nos dirigeants tentent tant bien que mal de juguler les effets de cette faillite potentielle de nos économies.

Cette semaine, le gouvernement français a ainsi annoncé un train de mesures dont la philosophie repose manifestement sur une volonté d’augmenter les recettes fiscales.

Et parmi celles-ci, il en est une qui concerne notre alimentation. Il a ainsi été décidé de surtaxer les boissons sucrées. Dans les semaines qui viennent, limonades, boissons au cola, etc vont donc coûter plus cher à nos voisins français. La main sur le coeur, le gouvernement français justifie cette décision par une raison sanitaire : lutter contre l’obésité grandissante de la population en général et des enfants en particulier.

Loin de moi l’idée de nier cette réalité de nos sociétés sédentaires : l’obésité et toutes ses conséquences néfastes en termes de santé est un véritable souci pour les nutritionnistes! Et tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour lutter contre ce fléau.

Mais prétendre que surtaxer les boissons sucrées est l’un des remèdes efficaces me paraît dangereusement friser l’hypocrisie. Je serais même tenté de dire que, dans le cas d’espèce, tous les coups sont permis pour renflouer les caisses de l’Etat français. Très franchement, je doute que cette mesure va inciter les consommateurs français (adultes et enfants) à consommer moins de boissons sucrées.

A diverses reprises déjà, cette théorie liant fiscalité et santé a été évoquée pour tenter d’améliorer nos habitudes alimentaires. Deux écoles s’opposent : surtaxer les « mauvais » aliments (option prise par la France) ou détaxer les « bons » aliments. Jusqu’à présent, c’est surtout la première école qui fait des adeptes parmi les décideurs.

Je me suis toujours senti mal à l’aise lorsque l’on me demande ce qu’est un « mauvais » aliment et un « bon » aliment ». Tout est plutôt, me semble-t-il, dans l’usage que l’on en fait. Et dans cet espit, mieux vaut favoriser la consommation d’aliments haut placés dans la sacro-sainte pyramide alimentaire (fruits, légumes, aliments maigres, eau, etc.) plutôt que ceux constituant la base (aliments gras, ptisseries, confiseries, boissons sucrées,etc.).

Vous l’aurez compris : ma proposition serait plutôt de détaxer les aliments dont la haute fréquence de consommation est conseillée plutôt que de surtaxer ceux à consommer modérément. J’ose espérer que nos futurs(?) responsables politiques belges auront à coeur d’explorer cette alternative avant toute mesure démagogique.

UN BEAU SUJET DE DEBAT ENTRE NOUS, NON? N’HESITEZ PAS A ME FAIRE CONNAITRE VOS AVIS ET PROPOSITIONS. JE M’EN FERAI VOLONTIERS L’ECHO.

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« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

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