Taxer les aliments gras, sucrés,…: une fausse bonne idée?

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De plus en plus de pays européens taxent (ou envisagent de le faire) certains aliments sous couvert de lutter contre l’obésité : une fausse bonne idée?

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J’avais déjà abordé le sujet il y a quelques mois mais l’évolution de la situation m’incite à y revenir…sous la forme d’un « coup de gueule » tant ces mesures m’apparaissent davantage hypocrites que dictées par un souci de santé publique.

L’obésité est évidemment un réel problème sanitaire en augmentation constante dans nos pays dits riches et ce tant chez les adultes que chez les enfants. Parmi les causes souvent avancées, et à juste raison, figure une alimentation déséquilibrée, c’est-à-dire trop grasse, trop sucrée, etc. comme les limonades, les ptisseries, les aliments frits, …Ces derniers mois, plusieurs pays européens ont décidé, partant de ce constat, de taxer (ou envisagent de le faire) certains aliments considérés par leurs experts comme mauvais pour notre santé. Faisons le point…

Quelles taxes et où?

En octobre, le Danemark est devenu le premier pays européen à introduire une taxe sur les graisses saturées. Les aliments en renfermant plus de 2.3% (viandes, beurre, fromages, etc.) sont ainsi dorénavant taxés de 2.15 Euros par kg de graisses saturées.

En Hongrie, c’est une taxe concernant les aliments riches en graisses, sucres et sel qui vient d’être décidée.

La Finlande a, pour sa part, décrété une taxe de 0,75 Euros/kg pour les crèmes glacées, limonades et assimilés, confiseries (mais pas les biscuits ni les ptisseries).

Et rappelez-vous, la France envisage une taxe sur les sodas.

Inutile d’ajouter que ces taxes seront évidemment à charge des consommateurs…

Et un vent favorable m’apprend que de telles réflexions sont en cours en Suède, en Irlande, en Grande-Bretagne…et aussi en Belgique. Manifestement en ces temps difficiles du point de vue économique, de nombreux gouvernements envisagent toutes les pistes fiscales pour renflouer leurs dettes.

Une fausse bonne idée?

Abordée sous cet angle, la lutte, honorable en soi, contre l’obésité galopante me paraît mal engagée. Je doute que ces taxations plutôt arbitraires n’influencent fondamentalement et durablement nos habitudes alimentaires. Elles ne feront que réduire encore un peu plus le pouvoir d’achat des consommateurs les plus précaires.

Je plaide personnellement pour d’autres mesures :

* Plutôt que de taxer…DEtaxer les aliments considérés comme sains (fruits, légumes, viandes maigres, volailles, eaux,etc.).

* Se poser la question de savoir pourquoi de nombreuses campagnes d’information et d’éducation (même officielles) à une alimentation équilibrée n’ont connu qu’un effet plus que limité?

* Encourager toute initiative (publique ou privée) allant dans le sens d’une meilleure information…après un examen sérieux et objectif des méthodes proposées…et une évaluation régulière de leur impact réel.

* Inciter et contraindre certains producteurs à reformuler la composition de divers aliments. Les preuves sont nombreuses : il est bien possible de présenter des aliments relativement peu sucrés ou peu gras sans en affecter le goût!

* Favoriser un étiquetage informatif et vulgarisé réellement utile aux consommateurs qui ne sont ni des nutritionnistes, ni des diététiciens… et ce, non seulement pour les aliments préemballés mais aussi pour les aliments vendus en vrac.

* Et aux consommateurs aussi de s’impliquer : varier autant que possible son alimentation – lire les informations (même partielles) figurant sur les étiquettes – ne pas céder aux sirènes « miraculeuses » des régimes amaigrissants ou du light à tout prix!

Le débat est ouvert : je serais très heureux de connaître les réactions, commentaires, suggestions,… des lecteurs.

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« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

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