Notre assiette fut-elle plus sûre en 2015?

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Pour répondre à cette question, nous avons comptabilisé le nombre de rappels enregistrés en 2015…

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Vous le savez sans doute : depuis plusieurs années déjà, lorsqu’un fabricant, distributeur ou autre acteur de la chaîne alimentaire constate un problème mettant en danger la sécurité alimentaire, il doit en avertir immédiatement l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire). L’aliment concerné doit alors être immédiatement retiré du marché et un communiqué est publié par cette même AFSCA à destination des médias et des consommateurs en général.

Pour l’année 2015, 49 rappels ont ainsi été décidés…soit près d’1 rappel par semaine. Citons pêle-mêle des chicons renfermant trop de pesticides, de nombreux aliments renfermant des bactéries potentiellement nocives pour notre santé (Listérias, Salmonelles, etc.), de l’huile de palme renfermant un colorant interdit, présence de morceaux de plastique ou de verre indésirables dans certains aliments, présence d’allergènes non mentionnés sur les étiquettes, présence de moisissures toxiques, des dates de péremption erronées, etc.

Tout cela n’est pas fait pour nous rassurer! Certes, les optimistes affirmeront que le système de rappels fonctionne tandis que les pessimistes conclueront que la situation ne s’améliore guère d’une année à l’autre. Et les deux ont partiellement raison…Ne perdons pas de vue que ces rappels ont quasiment toujours lieu APRES commercialisation des aliments concernés. La main sur le coeur, les producteurs et distributeurs nous demandent de ramener l’aliment dans le point de vente où nous serons remboursés. La belle affaire…

Quant à l’AFSCA, nous nous permettons de nous poser certaines questions quant à son efficacté réelle. Elle joue, nous n’en doutons pas, un utile rôle de chien de garde…mais est-ce suffisant? Se contente-t-elle d’enregistrer administrativement ces rappels ou agit-elle en aval chez les producteurs concernés pour que de tels problèmes ne se posent plus? Ne pourrait-on attendre de sa part un rôle davantage proactif? Sans tirer sur le pianiste, notre réponse est OUI! A l’image de la sécurité routière, la sécurité alimentaire doit faire l’objet d’une gestion harmonieuse et harmonisée entre les divers Services impliqués. Trop souvent encore, un sentiment prévaut : entre AFSCA, SPF Santé et SPF Economie, les responsabilités en matière de contrôle sont trop floues…

Autre réflexion… : pour assurer une sécurité optimale de la chaîne alimentaire, trois maillons sont essentiels : 1. des législations (le plus souvent européennes aujourd’hui) contraignantes – 2. des contrôles suffisants et proportionnels aux volumes d’aliments mis en vente – 3. en cas d’infractions, des sanctions réellement dissuasives.

Rêvons et osons espérer q’une meilleure prise en charge multidisciplinaire nous permettra de dire début 2017 que notre assiette est bien plus sûre!

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« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

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