Les dates limites de consommation? A manipuler avec bon sens…

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Toutes les études le prouvent : les dates limites de consommation constituent l’un des éléments de l’étiquette le plus souvent consulté en premier lieu par les consommateurs…du moins pour les aliments préemballés puisque la législation un rien hypocrite n’impose rien pour ceux vendus en vrac (viande à la découpe, etc.). Mais ne faisons-nous pas une fixation sur ces dates à une époque où le gaspillage alimentaire en fait bondir plus d’un? Voyons cela en détail…

  • « A CONSOMMER JUSQU’AU… » : cette mention est obligatoire pour les aliments TRES PERISSABLES tels que la viande fraîche, la volaille, le poisson, les légumes et les fruits découpés, etc. Au-delà ce cette date, le distributeur ne peut plus vendre l’aliment concerné. Si votre intention n’est pas de le consommer rapidement, mieux vaut donc choisir l’aliment dont la date est la plus éloignée et veillez-y une fois à la maison. Rappelons aussi que ces dates n’ont de valeur que tant que l’emballage est fermé. Une fois ouvert, l’aliment doit être consommé rapidement.
  • « A CONSOMMER DE PREFERENCE AVANT LE… »(ou avant fin…) : cette mention est autorisée pour les aliments moins périssables comme les céréales, les conserves, les surgelés, le thé ou le café, etc. Dépasser de quelques jours ces aliments ne présente, en principe, pas de risques sanitaires mais l’odeur, la texture ou le goût peuvent présenter quelques anomalies.
  • Deux petits coups de gueule : 1. Il n’est pas rare que la mention « à consommer… »apparaisse à un endroit et la date elle-même à un autre endroit. Cette pratique n’est pas illégale mais elle n’est faite que pour noyer le poisson! 2. Tant la taille que la couleur des caractères utilisés rend régulièrement la lecture malaisée. Un exemple : la date figurant sur l’emballage transparent d’un charcuterie (jambon cuit,…). Un peu plus de fair-play de la part des fabricants ne ferait pas de tort!

QUI FIXE CES DATES? Cela vous paraîtra peut-être étonnant mais le législateur ne fixe, en aucune manière, ces dates. C’est au fabricant et/ou au distributeur (s’il s’agit de produits à sa marque) qu’il incombe de les déterminer. A lui de mettre en place les procédures et tests préalables lui permettant de fixer des délais de commercialisation assurant au produit la qualité hygiénique indispensable. Manifestement, certaines durées de conservation sont plus courtes que nécessaires. Une politique, diront la plupart des fabricants, dictée par le principe de précaution…mais parfois aussi dictée par des considérations plus matérielles : « Plus vite périmé, plus vite consommé (ou jeté)…et donc plus vite racheté ! ».

LA DATE : LA PANACEE UNIVERSELLE? La réponse est sans appel : NON! Certes, c’est un élément très utile mais qui devrait être nettement amélioré, selon moi.

  • La date,  c’est une chose mais encore faut-il que l’aliment soit conservé à la température idéale. Les rayons réfrigérés et congélateurs des points de vente doivent être munis d’un thermomètre visible par le consommateur. C’est ainsi que les charcuteries ou les produits à base de crème pâtissière doivent être conservés à 7°C max. Pour la viande hachée, la volaille ou le poisson, cette température ne peut dépasser 4°C. Et pour les surgelés, elle doit être au minimum de – 18°C.
  • Dans la mesure où ces délais sont parfois aléatoires, l’idéal serait la mention d’une date de fabrication ou d’emballage assortie d’un délai de conservation et la mention des conditions idéales de conservation. Certains fabricants et distributeurs le font…mais trop peu souvent encore malheureusement.
  • Assurez-vous aussi que ces dates figurent de manière infalsifiable et non, par exemple, sur une étiquette auto-collante susceptible de faire l’objet de « surcollages ».
  • Enfin, pour ce qui concerne les aliments très périssables (légumes précoupés, viande et poissons frais, etc.), méfiez-vous des techniques de VENTE RAPIDE utilisées par certains distributeurs. A rejeter à la moindre couleur, odeur ou goût étrange!

Du bon sens et un bonne gestion!

Avec du bon sens (vérifiant l’aspect extérieur ou encore l’odeur ou le goût avant consommation), n’hésitez pas à consommer pas mal d’aliments une fois la fameuse date limite dépassée.

Si pour les viandes, poissons, charcuteries, pâtisseries, plats préparés réfrigérés, le respect de la date limite de consommation est essentiel (ou tout au plus un ou deux jours supplémentaires), des pâtes alimentaires (attention à la présence éventuelle d’insectes ou de moisissures) des sodas, jus de fruits en briques, lait UHT, conserves, miel, confiture, café, thé,…peuvent être consommés plusieurs mois après la date mentionnée.

Plusieurs semaines pour des biscuits, céréales, chips, fromages à pâte dure (gruyère, parmesan, etc.), huiles, yaourts, etc.

 

 

 

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« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

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