Du « faux » colin en Espagne?

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Une très étude récente étude le démontre : près de 9% du colin vendu en Espagne est du « faux » colin!

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C’est une information que me transmettent mes collègues espagnols de l’Association des consommateurs OCU (Organizacion de Consumidores y Usuarios – www.ocu.org) et il m’a paru intéressant d’en reprendre les conclusions essentielles.

Le colin (merluza en espagnol) est probablement l’espèce de poisson la plus populaire en Espagne. On le prépare « à toutes les sauces » oserais-je dire…

Pour bien comprendre les conclusions de cette étude, il n’est pas inutile de rappeler que le colin fait partie d’une famille de poissons comprenant de nombreuses espèces de valeur gastronomique et économique très variables.

Jusqu’il y a quelques années encore, il était bien difficile pour ne pas dire impossible d’identifier, avec certitude, la véracité de divers étiquetages et, par exemple, la dénomination des poissons vendus.

Aujourd’hui, les techniques d’isolation de l’ADN ont rendu de telles recherches possibles. C’est précisément celle-ci qu’a utilisée ce laboratoire espagnol. Ces chercheurs ont ainsi analysé 150 échantillons de colin (ou prétendu tel) vendus sur le territoire de la communauté de Madrid. Et les résultats sont tout sauf rassurants en matière d’honnêteté commerciale : près de 9% des échantillons examinés ne correspondaient pas à la dénomination annoncée : soit s’agissait-il de variétés de colin de moins bonne qualité…et beaucoup moins chers (jusqu’à 50%), soit s’agissait-il d’une toute autre espèce que du colin.

Vous l’imaginez aisément : ces révélations provoquent pas mal de réactions dans le secteur.

Soyons clairs : nous avons affaire à une « fraude » purement commerciale sans conséquences en termes sanitaires…mais qui constitue manifestement une tromperie économique inacceptable!

Et chez nous direz-vous? De tels « chipotages » ont déjà été détectés chez nous autour de divers aliments mais une récente étude menée par Test Achats (www.test-achats.be) se montrait assez rassurante en matière de poisson. Une quarantaine d’échantillons de cabillaud avaient été prélevés dans des restaurants et l’identification de l’espèce n’avait révélé aucune fraude en la matière. Un constat rassurant mais l’exemple espagnol devrait inciter tant les distributeurs que les autorités de contrôle à se montrer attentifs à ces aspects.

Rappelons pour terminer que, pour ce qui concerne le poisson, la législation européenne impose la mention précise de l’espèce de poisson, la zone de capture et le type de pêche ou d’élevage (poisson sauvage ou issu de l’aquaculture).

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« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

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