Des étiquettes plus informatives : le Parlement européen a voté.

0
1510

Depuis plus de 3 ans, de laborieuses négociations étaient en cours entre la Commission européenne; le Parlement et les Etats membres en vue d’un étiquetage des aliments plus utile aux consommateurs. Le Parlement a enfin voté ce mercredi 06 juillet 2011. Qu’en sera-t-il exactement?

photo_etiquette

Après 3 années de laborieuses négociations entre la Commission européenne, le Parlement et les 27 Etats membres (et vous l’imaginez le lobby des différents secteurs concernés), un texte a finalemnt été voté, à une large majorité des Eurodéputés, ce mercredi 06 juillet 2011. Comme dans toute négociation, ce texte est le résultat d’un compromis qui ne contente entièrement aucune des parties…même si les représentants de l’industrie agro-alimentaire se sont dits « satisfaits » à l’issue du vote. Pour sa part, le BEUC (Bureau européen des Unions de consommateurs) a regretté que soit abandonné le principe des « feux tricolores » (vert, orange, rouge) pour visualiser les teneurs en graisses ou en sucres par exemple. Quant au commissaire à la protection des consommateurs, John DALLI, il s’est dit déçu que les informations nutritionnelles ne doivent pas exclusivement apparaître sur la face avant des emballages et que les boissons alcoolisées soient exclues de cette réglementation.

Précisons d’emblée que les dispositions légales actuelles en matière d’étiquetage demeurent d’application : dénominations, poids, dates de péremption,liste des ingrédients, etc.

Quelles sont les principales nouveautés?

Taille des caractères.

Trop souvent, une loupe est nécessaire pour décrypter les étiquettes. Si dans la proposition initiale, une taille minimel de 3mm était prévue, elle a été ramenée à 1.2mm dans le texte final.

Etiquetage nutritionnel obligatoire.

Les apports énergétiques (apports caloriques) et les teneurs en graisses, acides gras saturés, sucres et hydrates de carbones, protéines, sel devront dorénavant être mentionnés en un seul et même endroit et dans le même champ de vision. Ces informations devront être exprimées par 100 gr ou 100 ml et, en outre et facultativement, par portion.

Mention des allergènes.

La liste des ingrédients devra mentionner clairement la présence de l’une des 14 substances allergisantes actuellement prévue par la législation. Cette obligation d’information visera aussi les plats  servis en restaurants, cantines, etc. Il reviendra aux Etats membres de décider comment cette dernière information doit être mise à la disposition des consommateurs.

Pays d’origine.

Aujourd’hui déjà, l’origine de certains aliments (boeuf, miel, huile d’oilve, fruits et légumes frais) doit être mentionnée sur l’étiquette. Elle le sera aussi, à l’avenir, pour la viande fraîche de porc, mouton, chèvre et volaille.

Ne pas tromper le consommateur sur la nature réelle des aliments.
C’est effectivement une pratique trop courante du marketing : faire croire que l’aliment présente des caractéristiques (illustrations, dénominations, etc.) qu’il n’a pas en réalité. Donner la fausse impression qu’un aliment renferme un ingrédient (par exemple des fruits…alors qu’il n’y a que des arômes et.ou des colorants) sera dorénavant interdit. L’addition d’eau dans le poulet ou le poisson, l’addition de protéines végétales dans de la charcuterie par exemple ou la présence de « produits d’imitation » comme les substituts de fromage devra être clairement annoncée sur l’étiquette.

Quand tout cela sera-il d’application?

Malheureusement, ce ne sera pas pour demain et l’on peut le regretter! En effet, une fois ce texte publié au Journal officiel, les fabricants auront 3 ans pour adapter leurs étiquettes à ces nouvelles dispositions. Et dans sa grande générosité (!!!); le législateur leur accorde même 5 ans pour ce qui concerne l’étiquetage nutritionnel.

Un pas est franchi mais cette législation n’aura d’effet que si des contrôles (de la compétence des Etats membres) efficaces sont mis en place et assortis de sanctions dissuasives en cas d’infraction.

PARTAGER
Article précédentGermes, semences et fèves égyptiennes interdites d’importation.
Article suivantRetrait : Lidl retire des pommes de terre de ses rayons.
« Durant 40 ans, j’ai eu la responsabilité de nombreux tests comparatifs, enquêtes,…dans le domaine alimentaire et ai assuré le suivi de ceux-ci tant dans les instances nationales qu’européennes, représenté Test Achats dans les média, milieux scientifiques et assuré les contacts avec les différents acteurs de la chaîne alimentaire. Depuis juin 2011, je suis à la retraite mais souhaite continuer à m’impliquer dans l’information utile et pratique des consommateurs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here